Ce travail a été réalisé avant la création du LaROUSTe mais il a d’une part été réalisé par Anne-Morwenn Pastier aujourd’hui active notamment au sein de l’association. D’autre part, il a été l’un des événements qui ont mené à la création de l’association. Sa contribution au débat sur les bassines a permis de désarmer l’argumentaire scientifique des porteurs de projets.
Les bassines du projet de la Coop 79, celles qui font l’objet des plus importantes mobilisations contre ce type d’infrastructures, dans les Deux-Sèvres, ont longtemps été défendues par les porteurs de projets et le Ministère de la Transition Écologique à l’aide d’un argument scientifique. Les bassines seraient écologiques et amélioreraient l’état des cours d’eau et des nappes, et cela aurait été démontré par un rapport du BRGM produisant des simulations de l’impact/du bénéfice attendus des bassines sur les nappes et les cours d’eau.
Or ce rapport se révèle fragile à plusieurs égards. Tout d’abord, la question à laquelle il répond, quel serait l’impact des bassines sur les nappes et les cours d’eau dans le climat actuel, est mal posée. Il aurait fallu prendre en compte le réchauffement climatique et les perspectives de diminution de débit des cours d’eau et de recharge plus aléatoire des nappes.
Ensuite, dans son étude, le BRGM commet plusieurs erreurs pour répondre à cette mauvaise question. Il utilise une méthode non adaptée, un modèle hydrogéologique établi pour être utilisé à une plus grande échelle spatiale (régionale) et temporelle (saison) et non à une échelle locale selon l’auteur du modèle.
Le but de l’étude est de regarder un éventuel bénéfice sur le niveau minimum des nappes et des cours d’eau à l’étiage, ainsi qu’un éventuel impact sur le niveau des nappes en hiver à cause des prélèvements. Or le modèle utilisé par le BRGM ne reproduit pas très bien l’amplitude battement de la nappe, c’est-à-dire qu’il a tendance à sur-estimer les niveaux minimums et à sous-estimer les niveaux maximums.
Le BRGM surinterprète les résultats issus des modélisations. Il exprime certaines différences en relatif, avec des pourcentages, ce qui produit une perception plus importante de l’effet des bassines. Ainsi, il est estimé que le débit du Mignon, cours d’eau dont le bassin versant comprend le plus de projets bassines de la Coop 79, augmenterait de 40% graĉe aux bassines. Or le débit du Mignon en été est actuellement nul. Ce cours d’eau est à sec tous les étés. Le modèle ne reproduit déjà pas ces assecs et ses simulations maintiennent un écoulement. Mais cet écoulement est de plus tout à fait minime. Augmenter de quelques l/s dans un modèle un débit nul ans la réalité ne ferait pas une différence concrète d’écoulement dans le cours d’eau. Le BRGM le présente pourtant comme un gain de débit de 40%, ce qui paraît à première vue, hors contexte, très efficace.
Enfin, le BRGM ne mentionne qu’à peine les impacts hivernaux liés aux remplissages, qui sont pourtant flagrants dans les résultats. Certaines simulations présentent des étiages hivernaux, des rabattements de nappes importants liés aux remplissages, mais le rapport ne s’intéresse qu’au niveau maximum atteint par la nappe au cours de l’hiver, qu’il quantifie encore une fois en pourcentage, à -1%. Le rapport montre pourtant très bien, par exemple, que la zone protégée de la tourbière du Tourbet pourrait subir des assèchements hivernaux en plus des assecs estivaux.
Première conférence de présentation de la contre-expertise le 3 février 2023 à St Léger de la Martinière (79):
Les documents écrits produits à l’issue de ce travail sont une synthèse et une liste de questions adressées au BRGM et à la Coop 79.
La réponse du BRGM: